La prééminence du mental dans l’expérience physique : deux expériences typiques

Ces vingt dernières années, plusieurs expériences ont démontré qu’un certain nombre d’apprentissages ne nécessitaient pas leur mise en œuvre dans le monde physique, même dans le cas d’expériences totalement reliées à une mise en oeuvre corporelle, depuis la pratique d’un instrument jusqu’à la musculation. Examinons deux de ces expériences.

Clinique de Cleveland, 2001

10 volontaires âgés de 20 à 35 ans ont été invités à imaginer qu’ils contractaient un de leurs biceps, aussi fort que possible, pendant cinq séances par semaine, durant douze semaines. Bien entendu, ils ne devaient pas bouger leurs muscles pendant ces séances. Une semaine sur deux, l’activité électrique de leur cerveau était mesurée, ainsi que leur force musculaire. A des fins de comparaison, un groupe contrôle qui ne faisait pas ces exercices de visualisation était soumis au même protocole.

A l’issue des douze semaines, il s’est avéré que le groupe qui avait réalisé ces exercices de visualisation avait augmenté sa force musculaire de 13,5%, alors que le groupe contrôle ne témoignait d’aucune augmentation de force musculaire. De plus, cet accroissement de force musculaire s’est maintenu pendant trois mois après l’arrêt de l’expérience.

Harvard, 2014

Les expérimentateurs ont proposé à des volontaires de jouer une séquence de notes de piano tous les jours, pendant cinq jours consécutifs. Un premier groupe jouait effectivement sur un piano, un deuxième groupe imaginait jouer cette séquence de notes sur un piano, et un troisième groupe ne faisait rien de particulier vis-à-vis de cette séquence de notes. L’activité mentale de ces participants était ensuite monitorée.

Le résultat de ce monitoring est montré ci-dessous : les deux premières lignes montrent, pour chacun des cinq jours de l’expérience, l’activité électrique dans la partie du cerveau qui commande respectivement l’extension et la flexion des doigts, pour le groupe qui pratiquait le piano. Les deux lignes suivantes montrent l’activité électrique dans les mêmes zones du cerveau pour le groupe qui visualisait cette pratique, sans toucher à un piano. Les deux dernières lignes montrent l’activité électrique dans le groupe témoin.

Que constate-t-on ? Au cours des cinq jours de l’expérience, le groupe qui a joué du piano a vu de nouvelles connexions se réaliser dans son cerveau, au fur et à mesure que leur pratique ancrait l’expérience dans leur cerveau. Cela est un résultat tout-à-fait classique de neurologie. De même, et sans surprise, on constate que l’activité mentale du groupe témoin n’a pas évolué pendant les cinq jours de l’expérience. En revanche, la très forte similitude entre le groupe qui avait effectivement joué du piano et celui qui s’était seulement imaginé jouer du piano est très frappante.

piano-study-brain-scans

Conclusion

Parmi d’autres, ces deux expériences démontrent que, même dans la pratique d’une activité corporelle, la seule visualisation de cette activité donne des résultats très proches de ce qui se passerait si l’activité était effectivement réalisée. Outre l’intérêt pratique dans de nombreux cas (par exemple la rééducation musculaire suite à une fracture), ces travaux mettent en évidence la grande efficacité de la visualisation, et l’intérêt qu’elle peut avoir dans nos vies quotidiennes.

Pour en savoir plus                                                                                                          

Sur l’expérience de Cleveland

Sur l’expérience de Harvard

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