La Conscience Intuitive Extraneuronale (partie 2)

Les deux types de conscience définies par le Dr. Charbonier, la conscience analytique cérébrale (CAC) et la conscience intuitive extraneuronale (CIE), ont des caractéristiques et des contextes d’expression opposés. Le tableau ci-dessous synthétise les principales caractéristiques des deux types de conscience :

Conscience Analytique Cérébrale Conscience Intuitive Extraneuronale
Surtout présente en état d’éveil Surtout présente en phases de sommeil profond, en hypnose, en état de conscience modifiée, et de façon générale quand la CAC s’estompe
Plus acquise (renforcée par l’éducation) Plus innée (naturellement présente chez les enfants)
Contrainte par le temps et l’espace Non dépendante du temps et de l’espace (déplacements instantanés dans le temps et dans l’espace)
Résultant des perceptions sensorielles Capable de perceptions extrasensorielles (télépathie, médiumnité, voyance…) mais aussi de perceptions sur le monde physique (sons, odeurs, vision…) sans l’aide des sens
Disparaît au moment de la mort Ne disparaît pas (au moins pas immédiatement) au moment de la mort
Liée uniquement à la personne physique Connectée aux CIE de tout le monde
Filtre et interprète les informations perçues à l’aune de la logique de la personne Accepte les informations reçues

On le devine à la lecture de ce tableau, la CAC et la CIE peuvent difficilement s’exprimer simultanément. De fait, il s’avère que dès que la CAC est à l’œuvre, en analysant le monde physique dans l’espace et dans le temps, la CIE ne peut se manifester : elle est comme inhibée par la CAC et son fonctionnement basé sur la matière. Ainsi, les manifestations les plus évidentes de la CIE sont constatées pendant les phases où l’activité neuronale est nulle ou proche de zéro, par exemple lors d’un arrêt cardiaque qui empêche totalement la CAC de s’exprimer. Plus un type de conscience s’exprime, plus l’autre est inhibé.

Quelques caractéristiques de la CAC

La CAC, si elle est basée sur les perceptions reçues des sens disponibles (cinq ou moins, en cas de déficience d’un des sens, auquel alors la plasticité neuronale va faire suppléer un autre sens, comme le toucher ou l’ouïe qui s’affinent chez les aveugles), ne doit cependant pas être considérée comme un récepteur objectif. En effet, cette conscience analyse et traite en permanence les informations reçues, mais en se basant sur ce qui fait sens pour elle, quitte à ignorer certaines informations ou à en modifier d’autres. Un empelxne casulqsie est la cptacaéi du creaveu à lrie nue prshea dont l’oderr des ltesret a éét mdiéfoi. Ou encore, le fait que dans la phrase suivante :

IL

VA

A LA

LA PLAGE

on ne verra dans la plupart des cas aucun mot en trop.

Au total, on retiendra que la CAC et ses filtres s’expriment d’autant plus que le rythme de l’activité neuronal est élevé : de l’activité quasi-nulle en rythme delta (en-dessous de 4 Hz, chez les jeunes enfants, dans le sommeil profond ou la mort clinique) à l’activité frénétique en rythme gamme (de 24 à 40 Hz, lors d’une activité cérébrale mobilisant une intense concentration). Il ne s’agit pas, bien sûr, de croire que la CAC est un « mauvais » type de conscience : ses filtres et ses capacités d’automatisation sont ce qui nous permet d’être performants dans notre travail, notre capacité d’analyse et de compréhension (comme la lecture de cet article), ou tout simplement la conduite d’un véhicule en sécurité car le pilotage matériel du véhicule est fait de façon largement automatique, alors que la concentration peut se focaliser sur les éléments extérieurs, et seulement ceux qui sont pertinents pour l’efficacité de la conduite.

Néanmoins, la CAC a une tendance à conserver en-deçà du seuil de notre conscience les éléments qui ne correspondent pas aux croyances qui nous ont été inculquées, par notre éducation ou par le paradigme à l’œuvre dans la société dans laquelle nous vivons. C’est la raison pour laquelle seul un petit nombre de personnes conserve une mémoire des expériences de conscience intuitive extraneuronale : dans une population adulte, ce sont 35% pendant le sommeil, 5% pendant les comas, 2% pendant les anesthésies générales et 18% pendant les arrêts cardiaques, alors même que dans ces situations, 100% des personnes ont une CIE qui s’exprime à plein. Cela explique également pourquoi, après une EMP, 65% des enfants ont une expérience à raconter, contre 18% des adultes : l’emprise moindre du conditionnement éducatif a moins renforcé la CAC, qui va alors moins efficacement jouer son rôle de filtre lors du réveil.

La CIE et ses applications pratiques

En réalité, comme le rappelle Jean-Jacques Charbonier, la première personne à avoir postulé l’existence d’une conscience indépendante du cerveau est l’un des plus grands neurologues du XXè siècle, John Carew Eccles (1903-1997). Prix Nobel de médecine en 1963 pour ses travaux sur les synapses et les processus chimiques responsables de la transmission de l’influx nerveux, Sir Eccles déclarait dans l’un de ses derniers ouvrages, Evolution du cerveau et création de la conscience, que les découvertes de la physique quantique permettaient de rendre scientifiquement crédible l’hypothèse d’une conscience indépendante du cerveau. Sir Eccles, qui croyait en cette hypothèse, la décrivait poétiquement en disant que « la conscience est une machine qu’un fantôme peut faire marcher ».

Le Dr. Charbonier va plus loin, en recensant diverses provenances pour les informations captées par la CIE : ainsi, notre CIE aurait la capacité de se connecter à des champs de conscience, soit individuels (ceux de personnes vivantes ou défuntes), soit collectifs. L’hypothèse de la CIE vient alors apporter un cadre conceptuel permettant d’expliquer des phénomènes généralement considérés comme surnaturels et hors du champ de l’explication scientifique : les EMP, la médiumnité, la voyance, les expériences de sortie hors du corps, la télépathie, etc. Les expériences de ce type abondent dans la littérature qui couvre ces sujets ; mais l’intérêt de ce modèle réside probablement dans le fait que, via un certain nombre d’applications pratiques mises en œuvre par le Dr. Charbonier, il devient possible de mettre à l’épreuve de la réalité ce modèle théorique.

Ainsi, dans le cadre de son activité d’anesthésiste-réanimateur, Jean-Jacques Charbonier a pu proposer à certains patients l’intervention d’un médium, à un moment où leur CAC était totalement inhibée par l’anesthésie. Bien entendu, ces tests sont proposés à des patients capables de donner leur consentement éclairé et dans le cadre d’interventions bénignes. Or, ces tests ont donné des résultats extrêmement satisfaisants, à la fois sur le moment où la CIE se désinhibe (car le moment où le médium entre en relation avec le patient anesthésié est celui où l’EEG affiche la fréquence minimale de fonctionnement du cerveau), et sur le contenu des informations collectées (qui étaient, dans plusieurs cas, inaccessibles au médium aussi bien qu’au personnel médical présent sur place, mais confirmées par la suite vie de tierces personnes qui n’étaient pas présentes pendant l’intervention). D’autres tests ont également été réalisés sur des comateux, qui ont donné des résultats également probants en confirmant des éléments que le médium n’avait aucun moyen de connaître : par exemple la colère d’un patient comateux, exprimée dans des termes correspondant exactement à sa façon de parler avant son coma. Ces différentes expériences donneront lieu à un futur ouvrage du Dr. Charbonier. Il est à noter que dans bien des cas, les patients, à l’issue de l’intervention chirurgicale ou après leur réveil du coma, ne se souvenaient plus du tout de ces échanges, ce qui montre la forte capacité de leur CAC à effacer ces expériences un fois la CIE inhibée.

Enfin, Jean-Jacques Charbonier mène en ce moment, en France et dans d’autres pays francophones, une série d’expériences de ce qu’il nomme la transcommunication hypnotique (TCH). Le principe en est de mettre des volontaires sous hypnose afin de libérer l’action de leur CIE et de leur permettre d’expérimenter son fonctionnement. A l’issue de chaque session, un questionnaire est rempli par les volontaires afin de permettre de réaliser des statistiques sur ce qu’ils ont vécu. Nous espérons que ces recherches systématiques donneront lieu à des communications auprès de la communauté scientifique afin de permettre leur appropriation et le travail d’autres chercheurs pour confirmer ou infirmer leurs résultats.

Pour en savoir plus                                                                                                          

Un ouvrage de Sir John Eccles, le précurseur de la conscience extraneuronale, Comment la conscience contrôle le cerveau.

2 commentaires sur “La Conscience Intuitive Extraneuronale (partie 2)

  1. bonjour, ce qui est innées chez la plupart des êtres humains, il faut des dizaines d années pour que les blouses blanches les comprennent, tout du moins s y interessent, bravo au DR Charbonnier qui fera sortir tant de monde de la folie et de l isolement, que l univers vous guide.

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  2. en tant que musulman je crois très bien que allah (Dieu) est à l’origine de notre conscience soit CAC ou CIE et s’est confirmé par le verset n° 56 du sorat hud et dans d’autres versets coranique.

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