1975 : les premiers pas de la recherche sur les NDE avec Raymond Moody (partie 1)

Raymond Moody est docteur en médecine et en philosophie. Né en 1944 aux Etats-Unis, il est majoritairement connu pour son travail de toute une vie sur les expériences de mort provisoire (EMP, NDE en anglais) dont la première pierre a été établie dès 1975, avec son premier ouvrage intitulé Life After Life (la vie après la vie).

raymond-moody

Dr. Raymond Moody, source lifeafterlife.com

Life After Life

Premier ouvrage de Raymond Moody, Life After Life est également le premier livre publié sur les EMP. Certes, des mentions d’expériences de mort provisoire existent depuis longtemps et dans la plupart des cultures (Holden, Greyson, James, 2009 : The Handbook of Near-Death Experiences: Thirty Years of Investigation). Ainsi, selon Philippe Charlier, un des premiers cas documentés en Europe serait rapporté par un médecin militaire français en 1740. Mais ce qu’apporte Raymond Moody à ce sujet, c’est un environnement scientifique et rigoureux sur les questionnements autour de ces expériences. Cet ouvrage fait tellement figure de référence dans les recherches sur les EMP qu’il a été largement vendu (plus de 13 millions d’exemplaires dans le monde) et réédité plusieurs fois. Cet article se base sur la dernière réédition, celle de 2015, préfacée par Eben Alexander.

Une approche à la fois transparente et délibérément sceptique

Dans son introduction, Moody commence d’entrée de jeu en posant un ensemble de précautions oratoires afin d’éviter au lecteur la tentation de faire des raccourcis que lui-même ne se sent pas autorisé à effectuer en toute rigueur, et afin d’éviter d’être accusé de biais d’interprétation par des tierces personnes. Quels sont ces points sur lesquels Moody insiste dans son introduction ? Ils sont quatre :

  1. L’absence d’expérience directe par l’auteur, mais malgré tout une proximité avec ses patients expérienceurs ;
  2. Le manque de connaissance de la littérature spirituelle ou paranormale sur ces sujets ;
  3. Une éducation religieuse pendant son enfance ;
  4. Une formation qu’il définit comme morcelée, entre médecine, philosophie et psychologie.

Enfin, Moody explicite très clairement le fait qu’il ne souhaite ni ne tente de prouver l’existence d’une vie après la mort, car il estime que cela ne sera jamais possible : son objectif est simplement de documenter un certain nombre d’expériences, surtout si cela permet à certaines personnes ayant expérimenté elles-mêmes des EMP d’admettre la réalité de ces expériences et de comprendre qu’elles ne sont pas seules dans cette situation.

La mort en tant que phénomène

Deux approches contradictoires permettent de penser la mort : celle de la dissolution de la conscience, avec les métaphores classiques du sommeil ou de l’oubli, et celle de la transition vers un autre état de conscience, où au moins une partie de l’être continue à exister.

Or, Raymond Moody a eu très tôt l’opportunité de rencontrer des personnes ayant expérimenté des expériences de mort provisoire. Ayant manifesté son intérêt pour ce phénomène, il se vit envoyer par ses confrères de plus en plus de patients passés par cette expérience, pour finalement devenir le spécialiste de ce sujet. Au final, ce sont au total 150 cas que Moody aura étudiés. Il en distingue trois types :

  • Type 1, les expériences vécues par des personnes ayant été déclarées cliniquement mortes ;
  • Type 2, les expériences vécues par des personnes ayant approché la mort de très près suite à des accidents graves ou des maladies ;
  • Type 3, les expériences vécues par des personnes agonisantes qui partageaient leur expérience de rapprochement de la mort.

A suivre

La prochaine partie de cet article abordera les quinze caractéristiques communes à nombre de ces expériences, avant de s’intéresser à quelques pistes d’interprétation.

Pour en savoir plus                                                                                                          

Un témoignage vidéo d’une Française ayant vécu une EMP, Nicole Dron.

Note

Pour des raisons rappelées dans le lexique, nous préférons comme Jean-Jacques Charbonier utiliser le terme d’expérience de mort provisoire pour les NDE liées à une mort clinique, et expérience de mort imminente pour les expériences liées à un état non catégorisé dans la mort clinique. Il faut, du coup, prendre garde au risque de confusion avec la nomenclature utilisée par les traducteurs de Raymond Moody, où EMP signifie Expérience de Mort Partagée (SDE, Shared Death Experience). Ce type d’expérience empathique est lié à des sensations de type NDE pour une personne vivante au moment de la mort d’un proche.

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