L’invention du réel

La question du réel est évidemment légitime et ancienne. Longtemps, les hommes ont cru que le réel était ce qui était perçu par leurs sens, et ce dont ils prenaient conscience par eux. C’est ce qu’on appelle le réalisme naïf, c’est-à-dire la croyance  que le monde existe tel que nous le percevons et surtout indépendamment de l’observateur. Il postule donc l’existence d’un « en dehors » de l’esprit qui a ses règles propres.

C’est précisément cette conception qui va être remise en cause par l’évolution des sciences au XXème siècle. L’idée d’un « en dehors » de l’esprit qui lui serait indépendant va perdre sa consistance qui semblait auparavant si évidente, et la réalité deviendra progressivement dépendante de l’observateur.

Une réalité objective ?

La physique quantique démontre qu’il n’y a pas de formulation complètement objective sur le réel, au sens où elle pourrait s’affranchir de l’observateur. Elle est cependant une théorie inter-subjective, dans la mesure où ou ses prédictions sont énoncées en faisant référence à un observateur, mais que tous les observateurs tombent d’accord sur ce qu’ils observent. Cela s’appelle l’accord inter-subjectif.

Nous avons donc d’une part une physique qui nous dit que l’observable est dépendant de l’observateur, et d’autre part que tous les observateurs tomberont d’accord sur ce qui est observé.

Il y a de très nombreuses expériences qui démontrent que ce qui est observé dépend du fait que nous l’observons. Je ne citerai que l’expérience des doubles fentes de Young. Cette expérience montre l’impact de l’observateur sur le comportement de la matière, mettant en évidence le fait que les particules modifient leur comportement si elles sont observées : en effet, le fait de les regarder ou d’effectuer une mesure manifeste une intention, dont l’expression suffit à les faire varier d’un comportement ondulatoire à un comportement corpusculaire.

Ainsi, une particule non observée n’a pas réellement de valeurs intrinsèques de vitesse ni de localisation. Etienne Klein nous l’explique lors d’une conférence :

« Si vous mesurez la vitesse d’une particule, vous pouvez mesurer une vitesse. Mais vous n’avez pas le droit d’inférer causalement, à partir du fait que vous l’avez mesurée, qu’elle existait avant d’etre mesurée. Si vous interrogez une particule en lui demandant : quelle est ta vitesse ? alors que c’est un objet qui est délocalisé dans l’espace et qui n’a pas de vitesse proprement dit, à force d’insister à lui poser cette question, elle va finir par cracher une vitesse. Ce qui va modifier son état quantique. Pour elle une opération de mesure c’est presque une torture qui l’oblige à parler dans le langage sous lequel on l’interroge. Elle va cracher un nombre, cela ne veut pas dire qu’avant d’avoir craché ce nombre, ce nombre faisait sens pour elle. »

L’invention du réel

Nous sommes donc des « machines » à produire de la réalité. Nous avons un immense pouvoir de création en infiltrant dans l’espace des idées, des constructions de pensées et des intentions. Ce qui est à l’extérieur de nous dépend de ce qui est à l’intérieur de nous, de nos pensées.

Ainsi l’invention du réel est permanente et la réalité est ma possibilité, la possibilité de ma propre conscience. Nous ne devrions pas penser qu’il y a des « choses » dans le monde mais plutôt qu’il y a des possibilités et ces possibilités sont celles de la conscience.

Cela pose le problème du statut de l’observateur. Nous savons très bien aujourd’hui quelle est l’influence de l’observateur sur la réalité, mais il reste à définir qui est cet observateur. En effet, le moi qui établit que la réalité existe reste intangible : personne n’a trouvé où il se situe, dans quelle zone du cerveau il serait localisé. L’idée que la conscience est sécrétée par le cerveau est une croyance qui n’a jamais été démontrée. A l’inverse, les travaux récents sur les NDE (Near Death Experiences, en français EMP pour Expériences de Mort Provisoire) montrent clairement que la conscience n’est pas sécrétée par le cerveau. Ainsi, le Docteur J.J. Charbonier parle de conscience extra-neuronale. Il faut bien se rendre à l’évidence, sur la base de témoignages aussi nombreux que similaires, que l’hypothèse de la conscience localisée dans le cerveau ne tient plus face aux faits. Des personnes dans le coma dont l’électroencéphalogramme est plat sont capables de raconter avec une grande précision ce qui s’est passé autour d’eux, ou même à distance, dans une autre pièce ou d’autres lieux. Comment un cerveau à l’arrêt peut-il enregistrer de l’information et être témoin d’événements qui se passent loin de lui ? Il faut admettre aujourd’hui que la conscience n’est pas un produit de l’activité neuronale.

Donc, notre conscience crée la réalité, et elle est de nature extra-neuronale.

Un nouveau paradigme

Il y a un enjeu majeur à intégrer les phénomènes liés à la conscience dans l’édifice scientifique : expériences de sortie hors du corps, de mort provisoire, projection de conscience, et tout phénomène  nécessitant aujourd’hui une approche scientifique saine et ouverte.

La spiritualité a depuis longtemps assis son discours sur ces éléments que nous découvrons dans le développement des sciences contemporaines. Il est aujourd’hui possible de superposer les deux discours et de montrer que sciences et conscience sont les bases d’un nouveau paradigme. Ce sera l’objet de ce blog.

Pour en savoir plus                                                                                                          

L’expérience des doubles fentes de Young.

Une conférence d’Etienne Klein : qu’est-ce qu’un objet ?

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